Des bornes, des limites, des frontières. Tiens, trois mots de genre féminin accolés. Pour dire quoi ? Nos envies, solidement ancrées, de pré carré, de territoire aux contours définis – et pas d’horizons à perte de vue.
Désirs contre peurs, l’histoire est vieille et ne mérite pas qu’on rajoute des lignes à nombre de tragédies antiques ou traités de psychologie. Le choc est rude aujourd’hui, c’est vrai. D’un côté la peur du vide, de « demain ce sera quoi ? » La crainte de l’invasif, de la surveillance invisible et omniprésente, de l’addiction, de « comment faire sans ? » L’appréhension face à l’inconnu, à l’impossibilité de maîtriser, à « mais jusqu’où iront-ils ? »
De l’autre le désir. Fabriqué par la société de consommation, qui tente d’imposer ses diktats – de hype, de mobilité, de proximité. Intrinsèque, lié au progrès, émanant de besoins assouvis – de liens resserrés, de communautés construites, de gain de temps.
Les limites sont toujours humaines, au cœur d’un rapport de force entre l’homme et son entourage – professionnel, amical, familial, amoureux. Tout est possible, à tout moment. Ce qui ne l’est pas le deviendra vite. A nous d’accepter les frontières bâties par l’autre, et de construire les nôtres au plus près de nos besoins et nos envies.


